3 Fiv, 2 grumeaux, 1 vie

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J-28 29 mai 2015

Filed under: Uncategorized — Lola @ 9:19

 

retour en arrière ? On reparle de cycle ici ?

28 jours oui, un dernier compte à rebours où la fin est déjà connue.

28 jours pour :

Envoyer les invitations définitives

Commander les macarons

Vérifier le stock de champagne

Refaire mon balayage

Laisser pousser mes ongles

Confirmer l’organisation avec le consulat

Trouver des chaussures

Choisir une coiffure

Bricoler pour la décoration

Faire un essai maquillage

Récupérer ma robe

28 jours avant de devenir madame, ni toute à fait la même, ni tout à fait une autre

 

Ce petit oui que j’espère tant 12 mars 2015

Remplir certains formulaires administratifs peut déclencher chez moi une grande angoisse. Dès qu’il y a l’item ‘Situation familiale” , j’ai des sueurs froides. Que dois-je mettre ? Cocher célibataire en entrant au Chili avec 3 enfants et mari le père des enfants, ça ne fait pas très sérieux. Mais cocher marié quand on ne l’est officiellement pas, ça fait carrément menteuse. Je ne crois pas avoir jamais lu le cas d’un touriste qui aurait fini en prison au fin fond du monde pour imprécision dans la situation familiale, mais je ne voudrais pas être la première.

Je reconnais que le prétexte de la phobie administrative aux frontières est un argument léger. Mais il est bien difficile de trouver un argument supplémentaire à 17 ans de vie commune (on s’est rencontré très jeunes), une dizaine d’adresses partagées, 3 enfants et plusieurs téraoctets de photos prises au cours des 17 dernières années (on s’est rencontré vraiment très jeunes).
Porter le même nom que mes enfants ? A presque 40 ans 28 ans et demi, on ne change plus de nom.
Pouvoir dire “mon mari” sans avoir l’impression de mentir ? Je mens assez facilement là dessus.
La robe de princesse ? J’ai passé l’âge de la traîne blanche et du voile.
Être officiellement une famille ? Peut-être un peu. Certainement.
Peur de l’avenir ? Malheureusement oui… et le contrat est ce qui protège le mieux l’autre.

Peut-être simplement l’entendre dire oui devant les autres, montrer, afficher notre amour, ne serait-ce qu’une journée…

Et la peur que si ce jour n’arrive pas, je lui en voudrais de m’avoir refusé ça, d’être resté figé sur sa position, petite graine de colère enfouie que pourrait germer et éclore…

Alors faute d’avoir la bague au doigt, j’aurai bientôt des bagues aux dents (quand je dis que j’ai 28 ans et demi et qu’on s’est rencontré très très très jeunes….)

 

A la prochaine 19 février 2015

Filed under: c pas la pêche,Uncategorized — Lola @ 4:22

En août dernier, nous sommes passés les voir : une journée chez mes grands-parents, une journée de photos pour garder la trace de ses quelques heures où arrière-grands-parents et arrière-petits-enfants se côtoient. Une journée, une seule car la vieille génération est bien vite fatiguée par l’énergie débordante des plus jeunes. Une journée que chacun sait précieuse et au cours de laquelle mes enfants semblaient savoir qu’il ne fallait pas perdre de temps à s’apprivoiser et qu’il était essentiel de passer directement aux câlins, bisous et pitreries.
Une journée à la fin de laquelle, je n’ai pas pu lancer à mon grand-père l’éternel ‘A la prochaine !’ tant cette fois-là ce futur rendez-vous m’a paru décalé. Un au revoir un peu différent ce jour-là car il ne cachait plus as faiblesse et son usure.
Un dernier moment partagé avec mon grand-père, ce grand-père qui savait changer les couches, repasser le linges, coudre un bouton, faire pousser les meilleures maras des bois du monde, tronçonner un arbre, faire un foie gras, cuire le beef comme il disait au goût de chacun. Mon grand-père qui un jour m’a coupé la frange avec les cisailles du jardin parce que “quand même, ça emmerde ces cheveux là”. Mon grand-père qui a tenu chacun de mes enfants dans ses bras et leur a à chacun donner au moins un biberon.
Il est mort ce grand-père que j’admirais et dont j’avais un peu peur aussi. Et maintenant qu’il n’est plus là, plus personne ne m’appellera Ptit’lo.

 

Voyage, voyage… 9 février 2015

J’avais 16 ans quand une toute jeune professeur de français eut l’idée de faire lire à sa classe “la maison aux esprits” d’Isabel Allende. Abonnée au dernier rang pour toutes les matières “non scientifiques”, j’ai soudain entrepris une migration vers le rang des faillotes. Avec ce livre, je tombais sous le charme et me mettais à rêver du Chili.

20 ans de rêve et enfin la découverte. Pas tout à fait comme je l’imaginais, moins aventurière (le Chili en sac à dos avec 3 enfants, je n’ai pas osé), moins longue (il restait 10 jours de congé à mon homme) mais le sentiment d’atteindre enfin une destination tant fantasmée.

Au détroit de Magellan je ne cessais de conseiller à mes enfants de faire le plein d’images, que ce voyage ils ne le referaient peut-être jamais. Je ne pense pas qu’ils aient saisi la dimension légendaire de la destination.
Quelques jours plus tard, alors qu’ils jouaient au bord du Pacifique je réalisais que j’avais 16 ans la première fois que j’avais traversé l’Atlantique, 28 ans quand j’ai franchi l’équateur pour la première fois et qu’à 37 ans, je trempais mes orteils pour la première fois dans cet océan. Eux sont nés de l’autre côté de l’Atlantique et dans l’hémiphère sud, à moins de 6 mois ils découvraient les vols long courrier, et à 3 ans ma fille était là, à sautiller dans le Pacifique.

Auront-ils la bougeote ou bien chercheront-ils la stabilité que nous ne leur aurons pas donnée ? Quels souvenirs garderont-ils de ces voyages ?

 

Cent mots dire 9 octobre 2014

Filed under: Uncategorized — Lola @ 4:08

Les mots se sont accumulés, les histoires, anecdotes ou autres instantanés de vie qui auraient pu être une graine pour une note ici ont été oubliés. La vie a continué, les enfants ont grandi et j’ai vieilli.

Et vieillir, c’est un peu comme Saint Malo sous le soleil, c’est moche. Mais contrairement à la cité bretonne qui, sous un ciel menaçant, avec un vent glacial, a toujours eu pour moi quelque chose de magique, je n’arrive pas à trouver le positif à l’accumulation des années.

Après des années de travail d’acceptation, j’atteignais les 35 ans presque sereine. Il m’arrivait même d’affirmer que j’étais définitivement mieux à 35 ans qu’à 20. Et c’était presque vrai car 1) j’avais oublié comme le corps peut être ferme à 20 ans et 2) mon corps n’avait pas encore entamé son long travail de sape.

Je pourrais vous dire les cent maux qui sur moi se sont déposés : de la diastase abdominale à la récente découverte de l’arthrose, en passant par la hernie ombilicale et la menace de diabète, chaque jour apporte sa petite dose de douleur, ce petit rappel à l’ordre qui me laisse hésitante : profitons-en maintenant ou déprimons-nous dès maintenant.

Je pourrais me réjouir de voir que les années qui avancent laissent également des traces sur mes amis. Mais on devient moins attentif aux petits maux des autres lorsque l’on a les siens propres à gérer. Alors c’est sans mot dire que l’on continue.

Continuer, sans maudire personne car jusqu’ici tout ne va pas si mal…

 

La brique 28 mai 2014

Filed under: Uncategorized — Lola @ 6:20

Un mois et toujours pas de réponse.

Un mois de silence après un mail qui pourtant appelait une réponse.

Un mois sans nouvelle et je peux tourner la page.

 

Pour tendre une main, pour pouvoir me dire que j’avais fait un geste, pour son anniversaire j’avais mis tous mes enfants à contribution. Pour moi et pour elle, ils se sont prêtés au jeu de la vidéo : bon anniversaire marraine, ex-meilleure amie de maman. On chante, on danse, on applaudit, on sourit à la caméra.

Maman fait un rapide montage et hop, on envoie la vidéo.

Et depuis, pas un mot. Silence radio.

Pas même un merci, ils sont mignons.

 

Un mois à attendre une réponse qui je le sais maintenant ne viendra pas. Mais ce mois muet, après cette ultime bouteille jetée à la mer me permettra de dire à mon fils que si, j’ai essayé de recoller les morceaux. Je lui avais choisi une marraine amie pour lui montrer que des liens forts existent au delà de ceux du sang. Je lui dirai que les amis sont essentiels, qu’ils marquent nos vie, que certains restent mais que d’autres passent. Je lui expliquerai que les ruptures amicales sont au moins aussi douloureuses que les ruptures amoureuses. Que ces douleurs existent, qu’elles sont comme des briques qu nous construisent. Que parfois, alors que l’on pensait l’édifice achevé, une brique supplémentaire vient s’ajouter, qu’elle n’était pas dans les plans mais qu’il nous faut l’ajouter. Que cet ajout ne nous rend ni moins bon, ni meilleur mais nous permettra peut-être d’être un peu plus fort face aux autres briques surprises.

 

 

 

Fan 21 mai 2014

Il est un groupe que j’écoute depuis des années. Une voix qui, alors que je l’entendais pour la première fois, m’a bouleversée. Des morceaux que je ne me lasse pas d’écouter.
Un premier concert de ce groupe, enceinte de 7 mois, bourrée de spasfon et autre utero-relaxant. Un premier concert à la fin duquel on se dit que ça ne peut pas s’arrêter là, qu’il y en aura d’autres, surtout qu’il avait manqué une chanson, une seule pour que ce soit absolument parfait.
Et parfois la vie est bien faite et il y a quelques jours je vibrais une fois encore en écoutant cette voix, en solo cette fois (la voix, car côté public, on était un peu plus nombreux). En y allant, secrètement j’espérais que cette fois-ci, il y aurait la chanson, celle que je souhaite plus que toutes les autres entendre une fois en live.
Alors quand après près de 2 heures de show j’ai reconnu les premières notes, celles qu’intérieurement j’appelais depuis le début, je crois que j’ai sautillé sur place, telle une adolescente attardée. En me tournant vers mon homme pour partager ma joie, pour lui dire c’est celle-là, j’ai vu dans ses yeux qu’il savait. Et j’y ai vu le bonheur qu’on peut ressentir de savoir l’autre heureux. J’ai vu mon homme heureux que je sois heureuse. Et j’ai su qu’il m’aimait encore.