3 Fiv, 2 grumeaux, 1 vie

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Transmission 10 avril 2010

Filed under: Uncategorized — Lola @ 10:53

Depuis la naissance de mes enfants, je souffre d’une étrange maladie : l’envie de transmettre. Si j’avais bien détecté quelques symptômes, je découvre chaque jour l’ampleur de la maladie.

Ça a commencé avec le baptême. Parce que franchement, avec mon homme, nous allons à peu près aussi souvent à la messe qu’à des tournois de bridge. S’il n’y avait pas les Noël en famille, je pense qu’on aurait même pu oublier les prières apprises le mercredi matin au caté. Mais voilà, c’était important pour nous que les grumeaux soient baptisés. Peut-être plus par tradition familiale et par envie de partager un beau moment autour d’eux, pour leur ouvrir un chemin, qu’ils suivront ou pas, que par véritable conviction. Ça pourrait s’arrêter là mais non.

Vendredi dernier, il était impensable pour moi que quiconque sous mon toit mange de la viande. Plus qu’un respect du vendredi saint, je voulais perpétuer une habitude familiale : même mon père respecte le vendredi saint, tradition de famille oblige.

J’aimerais qu’ils aient le temps d’entendre les excellentes expressions de mon grand-père, en occitan ou traduites, qu’importe. Parmi elles, mon insulte préférée au volant : ‘Achète toi un âne’. Ou l’exclamation ‘Macarel’, les fameux verbes ‘pétasser’ et ‘péguer’. Le temps passe vite, surtout pour un grand-père de 84 ans avec une vilaine tache aux poumons, alors à moi de ne pas les oublier.

J’ai envie que les grumeaux sachent que les oignons de Villemagne ne piquent pas les yeux. Enfin j’imagine car chez moi on se désole plutôt de ne pas avoir d’oignon de Villemagne quand on est en larmes dans la cuisine, face à un oignon aux origines incertaines.

Ils ne gouteront jamais les plats polonais de ma grand-mère. Il va falloir réparer ça, mettre mon père à contribution, tester les souvenirs de ma mère, garder une trace de ces recettes. Et dans quelques années, les faire participer à la fabrication de la confiture de prune familiale : les enfants au dénoyautage, les femmes au moulinage (oui pour faire la meilleure confiture de prunes au monde, il faut passer les fruits au presse-purée pour enlever la peau) et mon père, armé d’une gigantesque cuillère en bois, posté devant le chaudron.

Ce n’est qu’un début. Et il doit y en avoir autant du côté de mon homme. S’agit-il bien d’un cadeau pour mes enfants ou d’un fardeau dont nous allons les charger ?

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