3 Fiv, 2 grumeaux, 1 vie

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Voyage, voyage… 9 février 2015

J’avais 16 ans quand une toute jeune professeur de français eut l’idée de faire lire à sa classe “la maison aux esprits” d’Isabel Allende. Abonnée au dernier rang pour toutes les matières “non scientifiques”, j’ai soudain entrepris une migration vers le rang des faillotes. Avec ce livre, je tombais sous le charme et me mettais à rêver du Chili.

20 ans de rêve et enfin la découverte. Pas tout à fait comme je l’imaginais, moins aventurière (le Chili en sac à dos avec 3 enfants, je n’ai pas osé), moins longue (il restait 10 jours de congé à mon homme) mais le sentiment d’atteindre enfin une destination tant fantasmée.

Au détroit de Magellan je ne cessais de conseiller à mes enfants de faire le plein d’images, que ce voyage ils ne le referaient peut-être jamais. Je ne pense pas qu’ils aient saisi la dimension légendaire de la destination.
Quelques jours plus tard, alors qu’ils jouaient au bord du Pacifique je réalisais que j’avais 16 ans la première fois que j’avais traversé l’Atlantique, 28 ans quand j’ai franchi l’équateur pour la première fois et qu’à 37 ans, je trempais mes orteils pour la première fois dans cet océan. Eux sont nés de l’autre côté de l’Atlantique et dans l’hémiphère sud, à moins de 6 mois ils découvraient les vols long courrier, et à 3 ans ma fille était là, à sautiller dans le Pacifique.

Auront-ils la bougeote ou bien chercheront-ils la stabilité que nous ne leur aurons pas donnée ? Quels souvenirs garderont-ils de ces voyages ?

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3 ans 26 octobre 2011

Filed under: C les grumeaux,C magique — Lola @ 8:17

Dimanche un pays annonçait sa libération totale. Dans un autre, des citoyens étaient appelés à voter librement pour la première fois de leurs vies. Un peu plus loin, on comptait les morts et on tentait avec l’énergie du désespoir d’extraire les survivants d’un tremblement de terre. D’autres enfin s’intéressaient à un ballon définitivement pas rond.

Mais surtout, dimanche mes fils ont eu 3 ans !

Une journée pour eux, une journée de bonheur et rien d’autre. Les voir se pencher ensemble sur le gâteau pour souffler les bougies, ouvrir leurs trop nombreux cadeaux, vouloir tout tester, tout de suite, courir ensemble, se faire un câlin spontanément juste parce qu’ils s’aiment et ont envie de l’exprimer. Et pour moi, une pure dose de bonheur par procuration. Car oui, voir ses enfants heureux est absolument jouissif !


 

Frères 24 mai 2011

Filed under: C compliqué,C les grumeaux — Lola @ 4:59

Un peu de temps aujourd’hui (beaucoup de temps perdu surtout) et au hasard d’une recherche sur facebook, je trouve le profil d’une cousine.

Une cousine germaine ce n’est pas ce qu’on peut appeler de la famille éloignée. Pourtant dans mon cas, je crois que je ne l’ai pas vue depuis bientôt 10 ans. A tel point qu’en voyant ses photos, je réalisais que si je la croisais dans la rue je ne la reconnaitrai certainement pas.

Mais voilà, des événements de la vie, des caractères différents, des blessures de l’enfance ( ?) ont fait que les liens fraternels entre ma mère et son frère se sont étiolés, jusqu’à pratiquement disparaître.

S’il existe très certainement des raisons qui ont conduit à la situation actuelle, je sais que mes grands-parents ne souhaitaient pas cela. Et s’ils en sont en partie responsables, je pense qu’ils n’étaient pas conscients de leurs erreurs (le sont-ils aujourd’hui ?).

Aujourd’hui, j’ai du mal à imaginer que le lien si particulier entre les grumeaux puisse disparaître. Par contre, comment va-t-on pouvoir encourager la construction d’un lien nouveau avec un autre enfant ? Un lien forcément différent mais pas nécessairement moins fort. Non pas un lien mais deux liens finalement, celui que chacun construira avec ce nouvel élément de la fratrie.

Comment vais-je pouvoir aider mes enfants à se sentir proches, même adultes, même après moi alors même que je prends conscience que mes propres liens avec ma sœur qui ont été si conflictuels pendant jusqu’à la fin de l’adolescence sont apaisés et solides aujourd’hui et que ceux avec mon frère pourtant si forts pendant l’enfance deviennent si distants ?

Il nous reste quelques mois, voire quelques années pour asseoir de solides fondations familiales pour nos enfants. Mais est-ce bien indispensable…

 

Les deux terrible two 11 mars 2011

Filed under: C compliqué,C les grumeaux — Lola @ 3:19
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Mes fils sont insupportables. 28 mois et la nette impression qu’on a foiré quelque chose. Beaucoup de choses peut-être. Je voulais que mes enfants soient heureux et épanouis. Peut-être parce qu’il aura fallu un long et difficile parcours pour les avoir, mon principal objectif était le bonheur de mes enfants. Je ne disposais pas de toutes les informations, j’ignorais que le bonheur des enfants pouvait empiéter sur celui des parents. Je n’avais pas pris toute la mesure de l’énergie et de l’expression de joie de vivre dont sont capables des petits êtres d’à peine deux ans.

Mes enfants sont super épanouis, très heureux et passent leurs journées à se marrer. Sauf qu’à ce rythme là, nous allons craquer. Ils nous épuisent. Il est devenu urgent de rééquilibrer la balance familiale pour retrouver un équilibre acceptable pour chacun.

Après avoir envisagé l’achat d’un martinet (trop violent), l’envoi des enfants dans un pensionnat en Suisse, ou en Afghanistan le pensionnat (peut-être risqué), nous devons regarder la vérité en face : il faut agir !

Mais comment ? Tolérance zéro ? Ils ne vont rien comprendre. En expliquant ? Pas vraiment efficace jusqu’à maintenant. La fessée ? Pas envie. Il nous reste la fermeté et les punitions. Mais quelles punitions pour des canailles de moins d’un mètre de haut ?

Les grumeaux ne le savent pas encore, mais demain va commencer une autre partie de leur vie, la partie gentil garçon qui va durer pour tout le reste de leur vie.

Bien entendu, j’accepte toute suggestion de punition et autre sévices corporels permettant de remettre les bambins dans le droit chemin.

 

Steve, sort de ce corps. 26 janvier 2011

Filed under: C du grand n'importe quoi,C les grumeaux — Lola @ 4:49

Un papa absent pendant 3 semaines, ça a de quoi stresser Gemelar1.

22h50 : première alerte. Peut-être l’orage.

23h17 : Putain, jamais ça ne va s’arrêter cet orage.

23h25 : J’ai engendré un trouillard, il a peur du tonnerre.

23h26 : en même temps, je le comprends, c’est quand même un sacré orage.

23h37 : sauf que maintenant, ça s’est bien calmé dehors, il peut se rendormir sans soucis.

23h43 : maman t’assure qu’elle est juste dans la pièce d’à côté, tu peux dormir tranquille.

23h48 : tu vois, maman va aller dormir, tu peux être tranquille. Maman n’irait pas se coucher s’il y avait le moindre danger.

23h56 : Maman veut dormir maintenant. On va faire une exception et tu viens dans le lit de maman un peu.

00h12 : Comme il est touchant quand il dort. Dommage que ce ne soit pas dans le bon lit.

00h13 : j’aurais du laisser la lumière allumée. Comment faire pour le remettre dans son lit sans lumière.

00h14 : Quel est l’imbécile qui a laissé trainer les chaussures de M. Patate ??!!! Put***, faut que j’arrête de jurer, ça va le réveiller.

00h16 : il est dans son lit mais pourquoi il a les yeux ouverts ?

00h17 : non, non, on ne recommence pas le même cirque.

00h18 : tu vois maman reste là, elle va dormir debout, appuyée sur le bord de ton lit. Regarde, elle a déjà les yeux fermés.

00h20 : cet enfant a un 6ème sens, même endormi, il sent lorsque je m’éloigne de lui.

00h21 : pourquoi personne ne m’a dit que mon fils était la réincarnation de Steve Austin.

00h22 : c’est sûr, il a une oreille bionique qui perçoit les craquements de mes genoux dans ma tentative d’évasion.

00h25 : mais qui donc peut envoyer un mail à une heure pareille ?!

00h26 : note pour plus tard « penser à mettre le smartphone en silence quand les enfants dorment »

00h27 : je ne commanderai plus jamais à Eveil & Jeux, ça leur apprendra à faire partir leurs mails au milieu de la nuit.

00h29 : il est dans son lit, je suis dans le mien. Ouf.

 

Grumeaux love 20 décembre 2010

Filed under: C les grumeaux,C ma vie rien qu'à moi — Lola @ 1:19

Avoir des enfants change une vie. Souvent au minimum deux vies d’ailleurs. Et si je parle facilement ici des changements-inconvénients, j’oublie d’évoquer les autres changements.

Un peu par pudeur.

Un peu aussi parce que je ne suis pas de ces mères qui font mille activités exceptionnelles avec leur marmaille et je ne pense pas que le récit de la séance hebdomadaire de bébés nageurs présente le moindre intérêt.

Un peu parce qu’il est plus facile d’ironiser sur mes petits malheurs que de parler de mes grands bonheurs.

Un peu surtout parce que pas mal de lectrices (ami lecteur, si tu es là, fais-nous signe) arrivent sur ce blog avec les mots clé PMA, FIV ICSI et autre réjouissances.

Je tais un peu (trop ?) le bonheur de les avoir. Tous les deux. La joie de les voir grandir. La chance d’avoir aujourd’hui une maison dans un état pitoyable – où il est difficile de faire 3 pas sans se casser un orteil contre une voiture, trébucher sur une peluche ou écraser l’oreille de Monsieur Patate (d’ailleurs, si quelqu’un a une paire d’yeux de Mr Patate en double, ça m’intéresse) mais dans laquelle il ne se passe jamais plus d’une demi-heure sans que ne résonnent les rires des grumeaux. Ce « chez nous » où je suis accueillie par des cris de joie tous les soirs et où 2 sangsues se collent à mes jambes dès que je franchis la porte. Cet appartement qui est plus le leur que le nôtre mais qui serait si vide sans eux. Je ne parle pas non plus du petit supplément d’amour pour mon HMV avec lequel je partage les lauriers d’une si belle réussite, l’admiration partagée mais également les angoisses face aux montées de fièvres, le coup de stress en les entendant tomber, et le plaisir de se retrouver en tête à tête au calme après les couchers des enfants.

Avoir des enfants a changé mon corps,  bouleversé mon sommeil, chamboulé ma maison mais tout ça n’est rien à côté du bonheur quotidien de les avoir.

 

Des inconvénients 5 juillet 2010

Filed under: C les grumeaux — Lola @ 2:24

Si le jumeau, ou plutôt la paire, est tendance, il possède tout de même quelques inconvénients.

N’étant qu’aux premières années de ma vie de détentrice de jumeaux, je n’ai eu qu’un vague aperçu du surcoût : 2 berceaux, 2 chaises hautes, la poussette moins bien finie que les poussettes simples mais 2 fois plus chère, le double de vêtements, de biberons, etc. Mais je crois que le pire nous attend lorsqu’un choisira Lille pour ses études quand l’autre aura décidé d’aller à Marseille. Soyons optimistes, il nous reste quelques années pour anticiper le truc.

Au chapitre des petits inconvénients, il y a la double dose de médicaments. Si, si ça arrive. Les grumeaux étaient petits, à peine deux mois (je le précise pour ne pas passer pour la pire des mères, 2 bébés de 2 mois = des parents qui ne dorment plus depuis 2 mois). Premier biberon du matin – ou dernier de la nuit, selon de point de vue- l’heure de l’anti-vomitif. Je donne sa dose à G1, pose G1 dans son transat, prépare la dose de G2 qui a disparu quand je reviens avec G2 : mon homme s’était levé entre temps et hop, double dose pour G1. Une journée entière à surveiller les éventuels effets secondaires, parmi lesquels des troubles de l’élocution parfaitement remarquables chez un bébé de 2 mois.

Récemment nous avons découvert le vomi non identifié. Après s’être affairés en cuisine, les parents des grumeaux découvrent un petit vomi, délicatement posé sur le canapé blanc entre les 2 grumeaux. On interroge les grumeaux, on tente de sentir leur haleine, on étudie les trajectoires possibles, rien à faire on ne saura pas qui s’est lâchement débarrassé d’une partie de son dernier repas. Trois minutes d’observation attentive, un déhoussage  en urgence du canapé, des grumeaux qui semblent en pleine forme, le mystère reste entier…