3 Fiv, 2 grumeaux, 1 vie

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Ce petit oui que j’espère tant 12 mars 2015

Remplir certains formulaires administratifs peut déclencher chez moi une grande angoisse. Dès qu’il y a l’item ‘Situation familiale” , j’ai des sueurs froides. Que dois-je mettre ? Cocher célibataire en entrant au Chili avec 3 enfants et mari le père des enfants, ça ne fait pas très sérieux. Mais cocher marié quand on ne l’est officiellement pas, ça fait carrément menteuse. Je ne crois pas avoir jamais lu le cas d’un touriste qui aurait fini en prison au fin fond du monde pour imprécision dans la situation familiale, mais je ne voudrais pas être la première.

Je reconnais que le prétexte de la phobie administrative aux frontières est un argument léger. Mais il est bien difficile de trouver un argument supplémentaire à 17 ans de vie commune (on s’est rencontré très jeunes), une dizaine d’adresses partagées, 3 enfants et plusieurs téraoctets de photos prises au cours des 17 dernières années (on s’est rencontré vraiment très jeunes).
Porter le même nom que mes enfants ? A presque 40 ans 28 ans et demi, on ne change plus de nom.
Pouvoir dire “mon mari” sans avoir l’impression de mentir ? Je mens assez facilement là dessus.
La robe de princesse ? J’ai passé l’âge de la traîne blanche et du voile.
Être officiellement une famille ? Peut-être un peu. Certainement.
Peur de l’avenir ? Malheureusement oui… et le contrat est ce qui protège le mieux l’autre.

Peut-être simplement l’entendre dire oui devant les autres, montrer, afficher notre amour, ne serait-ce qu’une journée…

Et la peur que si ce jour n’arrive pas, je lui en voudrais de m’avoir refusé ça, d’être resté figé sur sa position, petite graine de colère enfouie que pourrait germer et éclore…

Alors faute d’avoir la bague au doigt, j’aurai bientôt des bagues aux dents (quand je dis que j’ai 28 ans et demi et qu’on s’est rencontré très très très jeunes….)

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Fan 21 mai 2014

Il est un groupe que j’écoute depuis des années. Une voix qui, alors que je l’entendais pour la première fois, m’a bouleversée. Des morceaux que je ne me lasse pas d’écouter.
Un premier concert de ce groupe, enceinte de 7 mois, bourrée de spasfon et autre utero-relaxant. Un premier concert à la fin duquel on se dit que ça ne peut pas s’arrêter là, qu’il y en aura d’autres, surtout qu’il avait manqué une chanson, une seule pour que ce soit absolument parfait.
Et parfois la vie est bien faite et il y a quelques jours je vibrais une fois encore en écoutant cette voix, en solo cette fois (la voix, car côté public, on était un peu plus nombreux). En y allant, secrètement j’espérais que cette fois-ci, il y aurait la chanson, celle que je souhaite plus que toutes les autres entendre une fois en live.
Alors quand après près de 2 heures de show j’ai reconnu les premières notes, celles qu’intérieurement j’appelais depuis le début, je crois que j’ai sautillé sur place, telle une adolescente attardée. En me tournant vers mon homme pour partager ma joie, pour lui dire c’est celle-là, j’ai vu dans ses yeux qu’il savait. Et j’y ai vu le bonheur qu’on peut ressentir de savoir l’autre heureux. J’ai vu mon homme heureux que je sois heureuse. Et j’ai su qu’il m’aimait encore.

 

Retrouver le chemin 17 avril 2014

Un début d’année mouvementé, la reprise d’une activité professionnelle, des projets en parallèle et cet espace laissé à l’abandon. Plusieurs fois j’ai eu l’envie de venir partager ici, raconter ma vie de jongleuse professionnelle entre boulot, enfants, mari, amis, dire mes maux, mes angoisses, mes petits bonheurs. Mais les mots n’étaient plus là, je ne leur laissais pas le temps d’arriver à la surface. Jusqu’à aujourd’hui où le manque devient trop fort, où je veux vraiment retrouver le chemin vers les mots.

Je cherche, j’hésite, je vais certainement errer, effacer, recommencer mais je suis là.

 

S’ancrer 24 septembre 2013

Je ne sais pas d’où je viens. De nombreux déménagements, 7 ans dans une ville peu, particulièrement à l’adolescence, ne m’ont pas donné  les éléments pour pouvoir affirmer que je suis de là.

Et pourtant, il est un endroit où je me sens chez moi, où j’aime retourner régulièrement. Un endroit dont j’aimerais pouvoir dire qu’il est mon chez moi.

Une région, coincée entre mer et océan,  où l’hiver n’est jamais trop rude et où les étés ne sont jamais étouffants. Où l’on dine dans la rue de janvier à décembre, où les orangers bordent les places.

Les éoliennes ont envahi les collines où seuls résistent oliviers et figuiers de Barbarie.

Là, l’Afrique est si proche qu’on a le sentiment qu’il suffirait de tendre les bras pour l’atteindre. Si visible certains jours qu’on pourrait traverser le détroit uniquement pour aller boire un thé de l’autre côté.

Un pays où l’on parle une langue si belle. Une langue qu’en un an j’avais appris à maitriser mieux que le portugais en 7 ans.

Je rêve d’une maison là-bas. Une maison qui serait la mienne, celle de mes enfants. Un point d’ancrage pour la famille. Offrir un port d’attache à mes enfants qui seront, je le sais déjà, des déracinés.

Une maison pour assouvir un besoin de racine, dans laquelle nous ne poserions nos valises qu’une dizaine de jours par an, ce n’est pas très sérieux. Une maison qui reste un rêve. Mais parfois les rêves se réalisent…

 

L’équilibriste 23 mars 2013

Je voudrais faire partie de ces mères qui savent si bien occuper leur marmaille, par beau temps comme les longues après-midi pluvieuses.

Je voudrais être comme ces femmes qui poursuivent brillamment leur carrière, malgré les enfants, malgré les changements, malgré leur homme.

Je voudrais être de ces sportives qui s’imposent une discipline strique, pour lesquelles il est impensable de me pas avoir au moins une heure quotidienne d’activité physique (et l’habillage matinal de 3 enfants, aussi sportif soit-il, n’est pas considéré comme une activité physique).

Je voudrais être de ces pro de l’organisation qui en remplissant leur chariot le lundi à 9h ont en tête tous les menus de la semaine et ne seront pas obligées de courir à la supérette du coin à 20h57 pour acheter le lait entier pour les enfants.

Je voudrais être comme ces femmes toujours radieuses et féminines. Celles qui trouvent le courage de se maquiller après avoir préparé 3 enfants, celles à qui jamais il n’arrive de réaliser en déposant leurs enfants à l’école qu’elles ont oublié de se coiffer. Celles qui sont toujours disponibles pour leur homme et qui ne laissent pas la fatigue atteindre leur libido.

Je voudrais, j’essaie, je navigue entre ces envies sans réussir à m’y tenir, sans atteindre aucun objectif. Il n’y a pas de solution, une seule option, essayer encore.

 

Feliz 2013 ! 11 janvier 2013

2013 : Joyeux 2013 à toutes !

2013 déjà, j’ai l’impression de mettre fait voler 2012. J’avais plein de projets, d’envies, un programme intense pour l’année qui vient de se fermer. Je suis la seule responsable de la non-réalisation de mes désirs 2012 et comme je dois être un peu vieux jeu, je préfère les listes de bonnes résolutions aux listes de rimes plus ou moins heureuses (souvent moins d’ailleurs) en aize.

En 2013, enfin en février 2013, je me remets au sport. Dès les enfants à l’école, je pars courir. Objectif : 7,5 km quotidiens.

En 2013, je ne parle plus de mon projet professionnel, de cette idée qui sommeille en moi depuis un an. Je passe à l’action. Je contacte les bonnes personnes, j’évalue sérieusement la chose et je fonce ou j’abandonne et je cherche autre chose.

En 2013, je m’organise. (point indispensable pour la réussite du point précédent). Je ne veux plus perdre un temps incroyable à cherche clés, carte bleue, montre, jeans, doudou, barrette à cheveux, chaussures, enfants, etc. dans tous les coins de la maison. Je redeviens efficace.

En 2013, j’apprends la tolérance. Avec mes amis. J’accepte l’à peu près. Je suis imparfaite, mes amis peuvent l’être aussi. Moins exigeante, je serai certainement moins déçue. Et à défaut d’être mieux entourée, je le serai peut-être plus.

En 2013, je continue mes découvertes et essais culinaires. Il faudra que je  vous parle de ce petit groupe de gourmettes formée avec quelques amies.

En 2013, je finis les choses. Finis les milles projets commencés, rarement terminés, je vais au bout. Et avant de commencer quoique ce soit, je me penche sur toutes mes réalisations inachevées de 2012 (et même 2013)

En 2013, je vous souhaite une année TREIZE heureuse (oui, je n’aime pas les rimes mais la blagues naze de mon beau-père m’a fait marrée. La première en 15 ans qui me fasse sourire – et si c’était le début de la résolution tolérance ?)

 

Et après ? 17 octobre 2012

Filed under: C ma vie rien qu'à moi,C magique — Lola @ 6:26

Il y a 15 ans, mon HMV m’invitait à diner pour la première fois dans son petit appartement d’étudiant. Ce soir-là, je ne suis pas rentrée chez moi.

Il y a 15 ans, je me disais que j’avais passé une bonne soirée mais que ça ne pouvait pas durer. Au bout d’une semaine, j’ai commencé à penser que cette aventure d’un soir s’éternisait. Quinze jours après, je réalisais qu’il y avait cachalot sous gravier.

6 mois après ce premier diner, nous réalisions qu’il était inutile de payer 2 loyers et 9 mois après ce premier repas, nous entrions dans notre premier appartement. Un vrai 2 pièces, grand luxe pour des étudiants, mon HMV me faisant remarquer qu’en vivant à deux, on augmentait notre pouvoir d’achat de 30% (je n’ai jamais vérifié cette information mais elle en dit long sur le romantisme de l’homme).

15 ans plus tard, 3 enfants après, 10 appartements, 4 pays, il est toujours là. Un peu plus grisonnant, un peu moins sportif athlétique mais toujours lui.  Il me fait encore rire (et il a de la chance que je sois sensible à son humour).

15 ans plus tard, 3 enfants, je suis toujours là aussi. Un peu moins belle, un peu moins ferme, plus fatiguée et moins disponible.

15 ans de choix, de joie, de renoncements, de découvertes, d’épreuves, de bonheur. 15 ans de vie partagée sur un chemin qui n’était forcément celui qu’on imaginait (je vous ai déjà dit que je voulais avoir mes enfants espacés ? Que l’homme disait 2 enfants maxi ?)

Serons-nous toujours là dans 15 ans ? Saurons-nous affronter les difficultés à venir aussi bien que celles passées ? Existe-t-il une réserve d’amour qu’il faut préserver sous peine d’en manquer un jour ou peut-on recharger les batteries régulièrement ? Et ce genre de recharge, ça se fait comment ?

 

ps : j’étais très très jeune quand j’ai rencontré l’homme (n’oubliez pas que j’ai 28 ans…depuis plusieurs années)

pps : s’il existe ici une lectrice qui partage une amie réelle avec moi, qu’elle sorte de l’ombre.