3 Fiv, 2 grumeaux, 1 vie

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A la prochaine 19 février 2015

Filed under: c pas la pêche,Uncategorized — Lola @ 4:22

En août dernier, nous sommes passés les voir : une journée chez mes grands-parents, une journée de photos pour garder la trace de ses quelques heures où arrière-grands-parents et arrière-petits-enfants se côtoient. Une journée, une seule car la vieille génération est bien vite fatiguée par l’énergie débordante des plus jeunes. Une journée que chacun sait précieuse et au cours de laquelle mes enfants semblaient savoir qu’il ne fallait pas perdre de temps à s’apprivoiser et qu’il était essentiel de passer directement aux câlins, bisous et pitreries.
Une journée à la fin de laquelle, je n’ai pas pu lancer à mon grand-père l’éternel ‘A la prochaine !’ tant cette fois-là ce futur rendez-vous m’a paru décalé. Un au revoir un peu différent ce jour-là car il ne cachait plus as faiblesse et son usure.
Un dernier moment partagé avec mon grand-père, ce grand-père qui savait changer les couches, repasser le linges, coudre un bouton, faire pousser les meilleures maras des bois du monde, tronçonner un arbre, faire un foie gras, cuire le beef comme il disait au goût de chacun. Mon grand-père qui un jour m’a coupé la frange avec les cisailles du jardin parce que “quand même, ça emmerde ces cheveux là”. Mon grand-père qui a tenu chacun de mes enfants dans ses bras et leur a à chacun donner au moins un biberon.
Il est mort ce grand-père que j’admirais et dont j’avais un peu peur aussi. Et maintenant qu’il n’est plus là, plus personne ne m’appellera Ptit’lo.

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Le jour où mon cœur s’est arrêté. 21 octobre 2013

Filed under: c pas la pêche — Lola @ 4:18

Un dimanche ensoleillé, le premier de l’année à l’heure d’été, une fin d’après-midi trottinettes et galipettes pour les grumeaux et number 3.
Une petite pause repas (si le dimanche en fin d’après-midi la crêpe au caramel est considérée comme un repas équilibré pour les moins de 15 ans) et c’est reparti pour un ultime tour de patinette. Gemelar1 et son père partent en éclaireurs pendant que Gemelar2 termine le léchage méthodique de l’emballage de la crêpe. Mains essuies, papier jeté, Gemelar2, number3 et moi allons rejoindre l’autre partie de la famille.
A environ 10 mètres de l’homme, je lâche la main de mon fils et, cette libération ayant due entrainer une réaction sur la main opposée, number3 en profite pour s’éloigner aussi vite que ses petites jambes dodues de bébé de 22 mois lui permettent (si, à 22 mois, on est toujours un bébé). Je cours rattraper ma mini-usain bolt et je rejoins l’homme qui se demande bien ce que j’ai fait de l’autre enfant. Quoi, il ne t’a pas rejoint ?
Analyse rapide de l’environnement, Gemelar2 n’est pas là. L’homme part en courant dans une direction aléatoire. Je pars dans une autre, fais demi-tour, pars à l’opposé de l’homme. Nos chemins se croisent mais l’enfant est toujours manquant. Nous repartons, chacun dans une direction. Aucune logique. La peur. L’impression de vivre cette horrible scène de film où des pauvres parents réalisent la disparition de leur enfant. Impossible. Pas à moi. Je suis incapable de crier son prénom. Le parc est absolument bondé. Des enfants partout mais pas le mien.
Je tourne sur moi-même incapable de me décider sur la direction à prendre. Un couple vient vers moi, me demande si j’ai perdu quelqu’un. Oui mon fils. Et l’angoisse : comment est-il habillé ? Si je sais, il a un T-shirt bleu marine avec Spider Man. (Note pour plus tard : acheter des T-shirts oranges) Finalement, j’arrive à repartir.
Nouvelle pause, plein d’enfants, pas de gemelar2 en vue. Une autre famille me propose de l’aide. Je repars. J’ai envie de vomir. Ça ne peut pas m’arriver. Il y a forcément un tordu qui rode autour de cette place un dimanche ensoleillé. Pourvu que son chemin n’est pas croisé celui de mon fils.
J’ai peur. Et j’entends qu’on m’appelle. Je vois mon fils en larmes, dans les bras de son père. Une famille l’a vu, perdu. Et ils l’ont rendu sans problème à mon homme car c’est son portrait craché.
Je récupère mon fils. Une larme coule sur ma joue.
J’ai perdu mon fils et je viens de vivre 5 minutes de cauchemar.
Prévenir les personnes qui cherchaient avec moi. Les remercier. Ne pas sombrer devant les enfants. Rester droits devant les amis qui ont gardé les 2 autres pendant que nous cherchions l’élément manquant. Rentrer. Se souvenir qu’un enfant de 5 ans, aussi grand soit-il, même s’il touche presque le ciel, ça reste un enfant qui part en courant sans trop savoir où il va.
Je n’ai pas encore acheté de vêtements oranges mais j’y pense sérieusement.

 

Avant 2 juillet 2013

Avant, j’avais un travail. J’avais même une équipe, des personnes à qui je fixais des objectifs, qui attendaient de moi de l’aide dans l’organisation de leur travail. Même si la finalité n’était pas des plus glorieuses, j’aime à penser qu’il y a, un peu partout dans le monde, des objets (luxueux) qui furent le fruit du travail d’une équipe, de mon équipe.

Et j’ai démissionné. Pour suivre mon homme.

Avant j’ai trouvé un autre travail. Nouveau pays, nouveau défi, une grande chance, un job intéressant, des responsabilités.

Et j’ai démissionné. Pour suivre mon homme.

J’ai eu des enfants.

Avant  j’ai eu un autre travail. Nouveau pays, nouveau défi,  un job qui correspondait à ma formation, des collègues sympathiques.

J’ai eu un troisième enfant.

Et j’ai démissionné. Parce que l’équilibre salaire-temps de transport-bénéfice perso-bénéfice pro était rompu. C’était il y a plus d’un an maintenant. Une année perdue. Une année pendant laquelle j’aurais pu faire tant. J’aurais dû faire tant. Une année que je n’ai pas vue passer, au cours de laquelle je me suis laissée ensevelir sous le poids du quotidien. Une année que je ne pourrais jamais rattraper et que je continue à laisser filer sans trouver la force de réagir.

Le pire, c’est que je continue, la tête hauteur, à remplir la case profession. Ce n’est pas parce que je ne travaille pas que je n’ai pas appris à le faire.

Avant j’étais une autre ?

 

L’équilibriste 23 mars 2013

Je voudrais faire partie de ces mères qui savent si bien occuper leur marmaille, par beau temps comme les longues après-midi pluvieuses.

Je voudrais être comme ces femmes qui poursuivent brillamment leur carrière, malgré les enfants, malgré les changements, malgré leur homme.

Je voudrais être de ces sportives qui s’imposent une discipline strique, pour lesquelles il est impensable de me pas avoir au moins une heure quotidienne d’activité physique (et l’habillage matinal de 3 enfants, aussi sportif soit-il, n’est pas considéré comme une activité physique).

Je voudrais être de ces pro de l’organisation qui en remplissant leur chariot le lundi à 9h ont en tête tous les menus de la semaine et ne seront pas obligées de courir à la supérette du coin à 20h57 pour acheter le lait entier pour les enfants.

Je voudrais être comme ces femmes toujours radieuses et féminines. Celles qui trouvent le courage de se maquiller après avoir préparé 3 enfants, celles à qui jamais il n’arrive de réaliser en déposant leurs enfants à l’école qu’elles ont oublié de se coiffer. Celles qui sont toujours disponibles pour leur homme et qui ne laissent pas la fatigue atteindre leur libido.

Je voudrais, j’essaie, je navigue entre ces envies sans réussir à m’y tenir, sans atteindre aucun objectif. Il n’y a pas de solution, une seule option, essayer encore.

 

Peut mieux faire 17 septembre 2012

 

J’ai reçu, il y a quelques semaines maintenant, la première véritable claque de ma vie de mère.

Après près d’une heure et demi consultation avec la neuropédiatre –consultation pendant laquelle mon silencieux n’a pas prononcé un mot malgré tous les efforts de Dra Vovo-  elle m’annonce qu’il n’y a aucun problème neurologique chez mon fils.

Ouf.

Enfin.

Mais il y a bien un problème.

Et c’est là qu’arrive la claque. Elle dessine un petit graphique bonheur en fonction du temps. Elle trace une droite horizontale que représente la moyenne du bonheur autour de laquelle chacun varie plus ou moins. Jusque-là je suis. Là où j’ai mal, c’est quand elle trace une parallèle, un peu en-dessous de la première ligne et m’indique que c’est autour de cette ligne de bonheur que mon fils oscille.

Elle se veut rassurante, m’explique qu’il n’est pas au ras des pâquerettes (signe de déprime) et qu’il n’effectue pas des oscillations importantes (bipolaire). Non, mon fils n’a juste pas la moyenne en bonheur.

Ce n’est pas forcément très grave, ça peut se rattraper tout seul ou évoluer  vers une dépression à l’adolescence.

Donc nous traitons. Pas de psychothérapie ou autre psychanalyse (en même temps, avec un patient qui refuse de parler ça ne doit pas être évident) mais une thérapie comportementale. Deux fois par semaine, mon fils va jouer avec sa thérapeute. Impossible pour moi de savoir ce qu’ils font exactement car après 2 séances, elle m’a expliqué que ce serait mieux si c’était une autre personne qui l’accompagnait. Pour que ce soit plus facile de l’arracher à cette personne paraît-il.

3 semaines de thérapie, nous guettons les signes d’une éventuelle amélioration…

Et moi je me demande ce que j’ai bien pu faire, ou ne pas faire, ou mal faire, pour que mon fils en arrive là.

 

Le silencieux 25 juillet 2012

Filed under: C compliqué,c pas la pêche — Lola @ 3:51
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Mi-juin, nous avons eu droit à la remise des évaluations semestrielles des grumeaux. Alors que j’allais à la réunion uniquement pour justifier mon absence de job, je me suis pris une claque.

Rien à signaler du côté de Gemelar1 : le petit garçon décrit par ses professeurs correspond bien à celui que nous avons à la maison.

Par contre, grosse surprise du côté de Gemelar2 : il ne parle pas. Je m’empresse de demander un rendez-vous particulier pour parler de mon fils, ce petit garçon bavard qui passe la moitié de sa vie à chanter. Une semaine d’angoisse (merci la fête des grand-mères qui monopolise une école complète pendant une semaine) et on me confirme les faits : pas un mot, pas une parole. Silencieux à longueur de journée, ne participe pas aux cours de musiques, ni de théâtre ou d’anglais. Génial ! Et pourquoi ne m’a-t-on pas alerté plus tôt ? L’équipe pédagogique n’est pas inquiète, ça arrive paraît-il, et puis il a évolué, regardez ses dessins, il est intelligent.

A part gros retard de développement, j’ai du mal à croire qu’à 3 ans et demi, on puisse juger de l’intelligence d’un enfant. En admettant que mon fils soit un poil au-dessus de la moyenne, ça ne sert à rien s’il est inadapté. Rendons-le adaptable alors ! Mais comment ?

Bien sûr, j’ai googlelé le sujet et ce n’était pas une bonne idée…

Côté médical, rendez-vous pris avec la neuropédiatre pour évaluation et orientation vers psychologue si besoin.

Côté parents, on se replonge dans les livres achetés et jamais vraiment lus d’où on sort quelques conseils.

Côté maman, on multiple les allers-retours vers la chambre le soir. Car oui, si un enfant demande un verre d’eau, il ne faut pas en donner un à l’autre tant qu’il n’a pas verbalisé sa demande. On se force à aller vers les autres mamans au parc pour montrer comme c’est bien d’être sociable et de parler aux autres. On s’inquiète de savoir où on a foiré, ce qu’il aurait fallu faire. Et on attend les prochains rendez-vous.

 

Toxique 11 juin 2012

J’avais une amie. De celle dont pense qu’elle sera toujours là. Celle chez qui on pouvait débarquer à n’importe quelle heure, qui ne posait pas de question si ce n’est de savoir si on préférait un Baileys ou un gin lemon. J’en ai parlé et ou ici.

Depuis  plus d’un an, les choses se sont dégradées. Progressivement, insidieusement. Pas de véritable dispute mais des choses que nous n’avons pas partagées. Ses problèmes de santé, une fausse-couche qu’elle a très mal vécue. Mais à chaque fois, nous réussissions à réparer le lien qui nous unissait.

Mais certaines remarques laissent plus de traces que d’autres. Elle a mal vécu la façon de je lui ai annoncé ma grossesse.  Après ce qu’elle avait vécu, j’aurais dû prendre des gants, prendre le temps de l’appeler, la ménager. Mais elle n’avait pas répondu à mes mails lui demandant à quel moment appeler (décalage horaire, job, etc) alors je lui ai envoyé un message, avant que la nouvelle ne fasse trois fois le tour de la terre.

Prenait-elle des précautions quand elle me parlait de ses fils alors que je luttais en PMA ? Qu’importe ! Comment peut-on reprocher à quelqu’un l’annonce d’une grossesse, quelle qu’elle soit ? Comment peut-on mettre une semaine à répondre à l’annonce d’une naissance ?

Dans l’euphorie du moment, je n’ai rien relevé. Mais les hormones sont retombées et c’est avec plus de lucidité que j’ai lu son dernier mail. Sous les mots gentils, des piques pour mon homme, pour moi  pour mon couple. Soit mon amie est malheureuse mais ne souhaite pas m’en parler, soit elle est devenue méchante. A de nombreuses reprises j’ai proposé mon écoute. Sans retour.  Certaines relations deviennent toxiques, sans qu’on sache vraiment pourquoi. J’ai décidé de m’en protéger. Je ne prendrai pas l’initiative d’une rupture totale mais je ne serai plus celle qui renoue le contact.  Sans fierté ni honte, juste l’instinct de protection.