3 Fiv, 2 grumeaux, 1 vie

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Fondations 4 mai 2014

Filed under: Uncategorized — Lola @ 7:54

Etre mère de jumeaux, c’est drôle parfois, attendrissant par moment, épuisant souvent mais surtout ça remet en cause toute belle idée qu’on peut avoir sur l’éducation deux fois plus vite. Particulièrement en ce qui concerne la part de l’acquis et de l’inné.

L’expérience est parfaite : 2 enfants, 2 garçons, nés en même temps, élevés dans le même cadre par les mêmes parents et pourtant si différents ! Aujourd’hui, j’ai l’impression de canaliser chaque enfant sur son chemin plutôt que de le guider vers un chemin que j’aurais pu vouloir le voir suivre. Et alors que je faisais part à mes amies de mes ambitions éducatives revues à la baisse, l’une d’elles a posé cette question toute simple :

“Quels sont les 3 événements fondateurs de ton être et combien sont le fait direct de tes parents ?”

 

Qu’est-ce qu’un événement fondateur dans une vie ? Jusqu’à quel âge ces événement ont une influence sur notre développement ?

Qu’est-ce qui a vraiment marqué mon enfance ? Qui suis-je finalement ?

 

Une simple question à laquelle je n’arrive pas depuis plusieurs semaines à donner de réponse.

 

Aucun drame dans mon enfance que je puisse qualifier de déterminant pour la construction de mon moi actuel. Aucun manque, aucun abus, aucune fondation ?

 

J’examine mon enfance sans voir où j’aurais pu puiser des forces particulières, je m’interroge sur mes valeurs actuelles et celles qui m’ont été transmises -quelles sont-elles exactement?.

Et en écho à cette interrogation surgit le terrible doute : que vais-je transmettre ? Quels seront les événements fondateurs pour mes enfants ?

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Retrouver le chemin 17 avril 2014

Un début d’année mouvementé, la reprise d’une activité professionnelle, des projets en parallèle et cet espace laissé à l’abandon. Plusieurs fois j’ai eu l’envie de venir partager ici, raconter ma vie de jongleuse professionnelle entre boulot, enfants, mari, amis, dire mes maux, mes angoisses, mes petits bonheurs. Mais les mots n’étaient plus là, je ne leur laissais pas le temps d’arriver à la surface. Jusqu’à aujourd’hui où le manque devient trop fort, où je veux vraiment retrouver le chemin vers les mots.

Je cherche, j’hésite, je vais certainement errer, effacer, recommencer mais je suis là.

 

Multitaches 18 décembre 2013

Filed under: C compliqué — Lola @ 6:27

Une journée ordinaire dans la vie ordinaire d’une trentenaire mère de 3 enfants.

9 heures, secrétaire de la famille : j’ai le notaire, je fais authentifier des documents.
10H30, femme active : je me rencontre une partie des personnes avec lesquelles je vais très certainement travailler en 2014.
14h, mère de famille : je suis à l’école pour discuter de Gemelar1 qui est de plus en plus agité en classe.
15h, cuisinière : je prépare un gâteau sur lequel poser les 2 petites bougies que ma fille, plus si petite que ça, soufflera le soir.
16h, comptable : je gère les demandes de remboursements des frais médicaux de la famille.
17h30, maman : je récupère mes enfants à l’école.

Mais qui suis-je vraiment ?

 

Le jour où mon cœur s’est arrêté. 21 octobre 2013

Filed under: c pas la pêche — Lola @ 4:18

Un dimanche ensoleillé, le premier de l’année à l’heure d’été, une fin d’après-midi trottinettes et galipettes pour les grumeaux et number 3.
Une petite pause repas (si le dimanche en fin d’après-midi la crêpe au caramel est considérée comme un repas équilibré pour les moins de 15 ans) et c’est reparti pour un ultime tour de patinette. Gemelar1 et son père partent en éclaireurs pendant que Gemelar2 termine le léchage méthodique de l’emballage de la crêpe. Mains essuies, papier jeté, Gemelar2, number3 et moi allons rejoindre l’autre partie de la famille.
A environ 10 mètres de l’homme, je lâche la main de mon fils et, cette libération ayant due entrainer une réaction sur la main opposée, number3 en profite pour s’éloigner aussi vite que ses petites jambes dodues de bébé de 22 mois lui permettent (si, à 22 mois, on est toujours un bébé). Je cours rattraper ma mini-usain bolt et je rejoins l’homme qui se demande bien ce que j’ai fait de l’autre enfant. Quoi, il ne t’a pas rejoint ?
Analyse rapide de l’environnement, Gemelar2 n’est pas là. L’homme part en courant dans une direction aléatoire. Je pars dans une autre, fais demi-tour, pars à l’opposé de l’homme. Nos chemins se croisent mais l’enfant est toujours manquant. Nous repartons, chacun dans une direction. Aucune logique. La peur. L’impression de vivre cette horrible scène de film où des pauvres parents réalisent la disparition de leur enfant. Impossible. Pas à moi. Je suis incapable de crier son prénom. Le parc est absolument bondé. Des enfants partout mais pas le mien.
Je tourne sur moi-même incapable de me décider sur la direction à prendre. Un couple vient vers moi, me demande si j’ai perdu quelqu’un. Oui mon fils. Et l’angoisse : comment est-il habillé ? Si je sais, il a un T-shirt bleu marine avec Spider Man. (Note pour plus tard : acheter des T-shirts oranges) Finalement, j’arrive à repartir.
Nouvelle pause, plein d’enfants, pas de gemelar2 en vue. Une autre famille me propose de l’aide. Je repars. J’ai envie de vomir. Ça ne peut pas m’arriver. Il y a forcément un tordu qui rode autour de cette place un dimanche ensoleillé. Pourvu que son chemin n’est pas croisé celui de mon fils.
J’ai peur. Et j’entends qu’on m’appelle. Je vois mon fils en larmes, dans les bras de son père. Une famille l’a vu, perdu. Et ils l’ont rendu sans problème à mon homme car c’est son portrait craché.
Je récupère mon fils. Une larme coule sur ma joue.
J’ai perdu mon fils et je viens de vivre 5 minutes de cauchemar.
Prévenir les personnes qui cherchaient avec moi. Les remercier. Ne pas sombrer devant les enfants. Rester droits devant les amis qui ont gardé les 2 autres pendant que nous cherchions l’élément manquant. Rentrer. Se souvenir qu’un enfant de 5 ans, aussi grand soit-il, même s’il touche presque le ciel, ça reste un enfant qui part en courant sans trop savoir où il va.
Je n’ai pas encore acheté de vêtements oranges mais j’y pense sérieusement.

 

S’ancrer 24 septembre 2013

Je ne sais pas d’où je viens. De nombreux déménagements, 7 ans dans une ville peu, particulièrement à l’adolescence, ne m’ont pas donné  les éléments pour pouvoir affirmer que je suis de là.

Et pourtant, il est un endroit où je me sens chez moi, où j’aime retourner régulièrement. Un endroit dont j’aimerais pouvoir dire qu’il est mon chez moi.

Une région, coincée entre mer et océan,  où l’hiver n’est jamais trop rude et où les étés ne sont jamais étouffants. Où l’on dine dans la rue de janvier à décembre, où les orangers bordent les places.

Les éoliennes ont envahi les collines où seuls résistent oliviers et figuiers de Barbarie.

Là, l’Afrique est si proche qu’on a le sentiment qu’il suffirait de tendre les bras pour l’atteindre. Si visible certains jours qu’on pourrait traverser le détroit uniquement pour aller boire un thé de l’autre côté.

Un pays où l’on parle une langue si belle. Une langue qu’en un an j’avais appris à maitriser mieux que le portugais en 7 ans.

Je rêve d’une maison là-bas. Une maison qui serait la mienne, celle de mes enfants. Un point d’ancrage pour la famille. Offrir un port d’attache à mes enfants qui seront, je le sais déjà, des déracinés.

Une maison pour assouvir un besoin de racine, dans laquelle nous ne poserions nos valises qu’une dizaine de jours par an, ce n’est pas très sérieux. Une maison qui reste un rêve. Mais parfois les rêves se réalisent…

 

Avant 2 juillet 2013

Avant, j’avais un travail. J’avais même une équipe, des personnes à qui je fixais des objectifs, qui attendaient de moi de l’aide dans l’organisation de leur travail. Même si la finalité n’était pas des plus glorieuses, j’aime à penser qu’il y a, un peu partout dans le monde, des objets (luxueux) qui furent le fruit du travail d’une équipe, de mon équipe.

Et j’ai démissionné. Pour suivre mon homme.

Avant j’ai trouvé un autre travail. Nouveau pays, nouveau défi, une grande chance, un job intéressant, des responsabilités.

Et j’ai démissionné. Pour suivre mon homme.

J’ai eu des enfants.

Avant  j’ai eu un autre travail. Nouveau pays, nouveau défi,  un job qui correspondait à ma formation, des collègues sympathiques.

J’ai eu un troisième enfant.

Et j’ai démissionné. Parce que l’équilibre salaire-temps de transport-bénéfice perso-bénéfice pro était rompu. C’était il y a plus d’un an maintenant. Une année perdue. Une année pendant laquelle j’aurais pu faire tant. J’aurais dû faire tant. Une année que je n’ai pas vue passer, au cours de laquelle je me suis laissée ensevelir sous le poids du quotidien. Une année que je ne pourrais jamais rattraper et que je continue à laisser filer sans trouver la force de réagir.

Le pire, c’est que je continue, la tête hauteur, à remplir la case profession. Ce n’est pas parce que je ne travaille pas que je n’ai pas appris à le faire.

Avant j’étais une autre ?

 

L’équilibriste 23 mars 2013

Je voudrais faire partie de ces mères qui savent si bien occuper leur marmaille, par beau temps comme les longues après-midi pluvieuses.

Je voudrais être comme ces femmes qui poursuivent brillamment leur carrière, malgré les enfants, malgré les changements, malgré leur homme.

Je voudrais être de ces sportives qui s’imposent une discipline strique, pour lesquelles il est impensable de me pas avoir au moins une heure quotidienne d’activité physique (et l’habillage matinal de 3 enfants, aussi sportif soit-il, n’est pas considéré comme une activité physique).

Je voudrais être de ces pro de l’organisation qui en remplissant leur chariot le lundi à 9h ont en tête tous les menus de la semaine et ne seront pas obligées de courir à la supérette du coin à 20h57 pour acheter le lait entier pour les enfants.

Je voudrais être comme ces femmes toujours radieuses et féminines. Celles qui trouvent le courage de se maquiller après avoir préparé 3 enfants, celles à qui jamais il n’arrive de réaliser en déposant leurs enfants à l’école qu’elles ont oublié de se coiffer. Celles qui sont toujours disponibles pour leur homme et qui ne laissent pas la fatigue atteindre leur libido.

Je voudrais, j’essaie, je navigue entre ces envies sans réussir à m’y tenir, sans atteindre aucun objectif. Il n’y a pas de solution, une seule option, essayer encore.